Les débuts

Depuis 2013, je produis des tutoriels vidéos pour aider mes élèves et étudiants à appréhender les différentes notions dans mes cours. Au début, j’ai commencé avec un peu de tableur.
Je dois avouer qu’au départ, je ne savais pas très bien comment utiliser ces ressources en cours…. et mes apprenants non plus ! Je me souviens d’un étudiant qui avait découvert en fin d’année ma chaîne Youtube (oui, il ne devait pas être très attentif en cours) et qui s’était exclamé « mais c’est génial pour préparer le CCF ! » .
Je m’en servais surtout pour permettre aux apprenants en retard de profiter d’une explication déjà donnée aux autres ou pour permettre à la tête de classe d’avancer plus vite.
Vers l’autonomie

Ensuite, j’ai produit toute une série de tutoriels sur Sketchup pour mon EIE Plan de Jardins (maintenant devenu MAP).
C’est mon premier cours à avoir fonctionné avec un groupe classe en autonomie. Je passais la première vidéo à l’ensemble des élèves pour lancer le TP, puis chacun retournait à son poste de travail pour commencer à modéliser en retournant voir la vidéo si besoin. C’était possible parce que la salle de cours est équipée de casques.
Au fil des cours, j’ai assez vite compris que le prof qui explique en vidéo, ça retient nettement plus l’attention des jeunes que le prof qui met le cadenas de Veyon sur les postes de travail et fait la démonstration au tableau. C’est un peu bizarre de s’entendre expliquer une notion alors qu’on pourrait le faire en direct, mais ça marche !
Depuis maintenant plusieurs années, je ne fais plus une seule démonstration au tableau (ou presque). À l’aide du support de TP au format PDF et des vidéos, la grande majorité des élèves sont capables d’aller au bout des manipulations proposées.
Et quand il manque une vidéo à leur goût, il me la réclame ! Je dois avouer que je m’en rends de toute façon compte assez vite, parce que la concentration de la classe par en vrille et qu’ils se remettent à bavarder… 😉
Mon rôle est devenu celui d’un facilitateur qui lève les freins et les difficultés en intervenant individuellement auprès de chaque jeune.
Reproduire le modèle

Pour faire une utilisation plus intensive de ce dispositif, j’ai dû mieux intégrer mes fiches et mes tutoriels vidéos à mes supports de TP/TD.
Cela permet aux apprenants de savoir quand les visionner et où elles se trouvent (liens + QR-Codes) sans avoir besoin de moi.
J’ai d’abord reproduit la même démarche dans le MIL Infographie (qui deviendra EIL à la rentrée).
L’organisation en atelier s’y prêtait bien car je dois mener cinq cours différents de front (Images – WEB, PAO, Image vectorielle, Vidéo et Son). C’est bien sûr presque impossible avec une organisation classique.
Du coup, j’ai imaginé cinq parcours sur Moodle pour donner à chaque étudiant le maximum d’autonomie. Ils sont assez agiles pour suivre des leçons, faire des TP, répondre à des Quiz sur la plateforme. Ils reçoivent des consignes via un forum et planchent sur des projets (les plus réels possibles). À la fin, ils obtiennent un badge numérique.
Évidemment, tout cela s’est fait à tâtons au fil des années et n’a pas forcément été très réfléchit a priori. Ce qui m’a guidé, ce sont les réactions des étudiants.
Généralisation

Je ne sais pas pourquoi (enfin si, c’est énormément de temps et d’énergie), mais j’ai tardé à reproduire tout ça dans mes cours « classiques » (MG4, futur MG1, en première professionnelle et M42, futur M5, en BTS).
Je me suis lancé cette année. Il faut aussi dire que les divers confinements m’ont obligé à produire des ressources très « autonomes » pour mes cours depuis mars 2020. Tout ce travail a rendu plusieurs de mes TP ou DM faisables entièrement sans moi (ou presque) !
Cela m’a donné le petit coup de pouce pour y aller !
Et bien ce qui marche en MAP ou en MIL, fonctionne aussi dans ces enseignements ! En tout cas, je n’ai pas repéré de baisse de niveau chez les apprenants depuis que toutes les explications sont données sur le support PDF et en vidéo ! Je dois de temps en temps reprendre des notions au tableau (lorsqu’il y a besoin d’une reformulation par exemple) mais c’est relativement rare : peut-être 10 ou 15 fois sur l’année.
Kesako ?
Jusqu’à il a peu, j’appelais ça de la classe inversée, mais en classe… 😉 Et puis je suis tombé sur un article qui parlait de Juline Anquetin-Rault et de sa classe autonome. Mes outils sont plus numériques que les siens (PDF remplissables, tutoriels vidéos, plateforme Moodle), on ne se refait pas, mais les mécanismes sont presque les mêmes !
Son site : https://raultreaubourg.wixsite.com/reussitebac
En fouillant un peu plus, j’ai trouvé sur le web le concept de classe accompagnée. Le terme « accompagnée » me va mieux que « autonome » . Quiconque donne des cours en bac pro et en BTS, sait pourquoi ! Cependant, avec quelques apprenants, on va jusqu’à l’autonomie.
L’idée c’est que tout puisse se faire en classe.
Alan Coughlin, http://letlearn.eu/
La classe accompagnée peut être utilisée en synergie avec la classe inversée, mais ce n’est pas mon cas. Tout doit pouvoir être fait pendant le cours. C’est essentiel en bac pro où il est difficile d’obtenir du travail en dehors de la classe.
Classe prolongée
Ce que j’observe dans mes enseignements, c’est plus une classe prolongée après le cours. Les premières sont nombreux à poursuivre leur modélisation dans Sketchup chez eux (ou en salle multimédia et à l’internat). Étrangement ça marche moins avec une séquence sur le tableur… Cela reste à leur initiative, car je ne leur donne jamais de devoir à faire.
Pour les étudiants, il y a également beaucoup de temps hors du cours (souvent imposés pour le coup) :
- finaliser un dossier, une présentation
- réaliser un devoir maison (construit sur le même modèle que les cours)
- consulter une correction
- produire des pages de portfolio
- finaliser un projet
- etc…
Conclusion
Même si ça ne change pas grand-chose à ce que je propose à mes élèves et étudiants, je suis content d’avoir mis des noms sur les outils pédagogiques que j’utilise. La première vertu de cet article est d’ailleurs de m’aider à penser mes futurs cours.
Si, en plus, cela peut donner des idées ou des envies aux enseignants de passage sur le blog, tant mieux ! 😉
Kenavo.





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